La girouette constitutionnelle

Dans certains états,la constitution semble une girouette livrée à tous les vents.La propension à la brandir en ces temps qui courent,,frise du snobisme sur le continent africain.L’époque n’est pas si lointaine où la loi fondamentale était à peine évoquée dans la vie nationale,par ignorance de sa pérennité,ou parce que son existence ne régissait pas dans une mesure les pratiques gouvernementales.Cette fois,la constitution devient une primauté et l’objet d’un droit de regard des principaux partenaires d’un pays africain.Cependant voient le jour des tentatives de violer les textes en vigueur ou d’en apporter prématurément une révision afin de repousser l’alternance aux calendes grecques;ce qui donne l’impression qu’il existerait une forme de « swing states » en Afrique.Le concours de la mobilisation citoyenne et des pressions de multiples horizons,ont fait tourner cours le coup d’essai burkinabe à la fin d’octobre 2014.A l’inverse,l’opposition togolaise aurait voulu procéder à la révision constitutionnelle spontanée,dans la perspective d’empêcher au chef de l’état sortant de briguer à nouveau un mandat qui lui est autorisé constitutionnellement.
Dans un tout autre contexte,la limite d’âge fixée par les textes,mettait hors course Konan Bédié en Côte d’ivoire;elle ne dissuadait pas pour autant Sassou Nguesso qui tendait vers la fin de son dernier mandat présidentiel au Congo.Néanmoins,l’âge avancé du prétendant à la magistrature suprême,n’a pas été un facteur d’empêcher l’élection du chef de l’état en Tunisie et au Nigeria.Ces deux états sur fond de menace terroriste islamiste,ont respectivement brillé par leur exemplarité d’alternance démocratique.

Une constitution élaborée,laisse supposer la mise en branle d’un mécanisme régulateur des institutions, la feuille de route suivant laquelle l’état veille à la sécurité des personnes et des biens, en gérant les ressources du pays dans l’optique du bien-être collectif. La pérennité constitutionnelle présume la rigueur des règles établies dans le cadre démocratique menant à l’optimisation de la productivité nationale.Le consensus serait un facteur de cohésion autour des priorités adoptées;la souplesse dans la pratique visant à atteindre les objectifs fixés revêtirait un recours pour pallier aux contrariétés survenant au cours des réalisations. Dans cet ordre, est évité le piège de l’immobilisme qui serait dans une mesure un ferment de dégradation institutionnelle généralisée.

La mise en cause de tous ces points par différents ténors politiques défraie de temps en temps la chronique dans une partie du monde.Suivant une graduation dans les actes posés, l’atteinte à la loi fondamentale est illustrée par l’introduction d’une nouvelle « taillée sur mesure », l’ajout ou la suppression de dispositifs qu’elle contenait. Dans un cas de figure, la constitution n’est pas l’objet de mise en cause manifeste. Nkurunziza a brigué un troisième mandat, en plus des deux premiers qu’autorisait la constitution burundaise;le chef d’état sortant prétextait que l’accord de cessation des hostilités de guerre civile au Burundi par lequel il entama l’exercice du pouvoir, n’entrait pas en ligne de compte pour justifier son maintien dans les fonctions de président de la république. Sous la pression des adversaires politiques, Dilma Roussef s’estimant victime de « coup d’état constitutionnel », a été suspendue de ses fonctions de présidente en 2016 au Brésil. Au Congo le chef de l’état Kabila contourne l’obligation de se soumettre à la loi, en prônant  » le glissement » au-delà du délai légal pour se maintenir au pouvoir. Ici ou là, la loi fondamentale restant relativement intacte, n’est pas à l’abri d’un usage spécifique politique, à l’inverse de ce qu’elle contiendrait d’essentiellement juridique.

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